Thérapies manuelles dans le monde

Histoire du développement des thérapies manuelles

J’ai mené des recherches bibliographiques sur les formes de soin manuel à travers les cultures. Ces recherches sont retranscrites pêle-mêle ici, après une première rédaction faite en 2008. Je n’ai pas pris le temps de rajouter mes références bibliographiques, je m’en excuse. Vous trouverez ici donc des informations qui peuvent vous intéresser, mais sans les justificatifs nécessaires. Étant actuellement prise par d’autres recherches, j’essaierai de compléter et corriger cette articles ultérieurement. MD.

En Europe, la tradition de thérapie manuelle est documentée par les grecques. Ceux-ci ont développé la thalassothérapie, littéralement soins de la mer. Les propriétés de l’eau de mer étaient utilisées dans un but curatif et ou préventif, l’eau étaient chauffées à différentes températures, accompagnées de massage et de bains de boue.

A l’époque Romaine, les balneum étaient la salle de bain collective pour de nombreux romains de toutes classes sociales. Puis, dés 25 après JC, les thermes firent leur apparition : une salle de sport, puis de grandes salles d’eau, avec des bains de différentes températures, suivi par une séance de massage. Ces massages étaient fait avec des huiles essentielles pour les plus riches, et de la farine de lentille en guise d’huile pour les plus pauvres. Les thermes étaient souvent gratuits. A la chute de l’empire, et la montée en puissance du catholicisme qui nommait les thermes comme des « cathédrales de chairs » disparurent.

Ces bains romains inspirèrent les hammams d’Orient. Le prophète Mohammed les rendra populaires vers 600 après JC. Les Arabes adoptèrent le bain de vapeur, mais adaptèrent très vite cette pratique étrangère. Le hammam pris une signification religieuse, et il devint rapidement une annexe à la mosquée, où il était utilisé afin de se conformer aux règles d’hygiène et de purification de l’Islam. On accorda moins d’importance au volet développement physique et intellectuel, et seule la pratique du massage perdura.

La pratique du hammam a suivi l’expansion de l’Islam, comme en témoignent les nombreux hammams toujours debout en Iran, en Asie Mineure, et à travers l’Afrique du Nord, depuis l’Égypte jusqu’au Maroc. Avant que les Arabes n’en soient chassés, on trouvait des hammams en Andalousie et le long du Danube. Les temples, églises et bains conquis étaient souvent transformés en hammams (tout comme la religion islamique, qui n’excluaient pas les Juifs et les Chrétiens, le hammam était accessible à tous).

En Scandinavie, à la même époque, les saunas se développaient. Les guérisseurs utilisaient des séances au sauna, avec des thérapies manuelles ainsi que des incantations pour soigner les maladies.

L’Asie est réputée pour sa médecine traditionnelle très développée. Il est difficile de résumer les concepts, mais je vais essayer d’écrire ce que moi j’en retiens. Le principe fondamental et que nous avons tous des énergies qui circulent en nous, et que si elle sont équilibrées, nous sommes heureux et en bonne santé. Si les énergies se bloquent ou qu’elles sont en déséquilibres, la maladie et le mal-être se développent.

En médecine chinoise, l’énergie voyage selon des méridiens, alors que dans la philosophie Ayurvédique (Inde) elle est concentrée dans des shakras, et traverse le corps principalement selon cet axe vertical.

L’inde et sa médecine ayurvédique est réputée dans le monde entier, par son utilisation des plantes, de massages, de méditation et d’exercice physique : le yoga. Le yoga fait partie intégrante de la médecine, aussi bien préventive que curative. Sa pratique encourage la circulation de l’énergie, et peut, selon les étirements et postures libérés certains blocage. La méditation, souvent appelé relaxation et couplée avec le yoga en occident, est une partie important de la vie quotidienne de ceux qui continuent à suivre les préceptes de l’Ayurveda.

La Thaïlande, et son fameux massage thaïlandais, a fondé ses bases dans la médecine Indienne, mais s’est développé afin de venir en aide aux paysans qui avaient des douleurs à cause des travaux de forces dans les champs. Le massage est une affaire de famille avant tout, on se masse les uns les autres, à la maison le matin avant de partir ou après le travail. Il permet d’échauffer les muscles ou de les relâcher et ainsi s’améliorer leurs capacités de récupération. C’est une pratique populaire avant tout.

Selon les tribus aborigènes d’Australie, la médecine diffère. En général, les aborigènes ont un système de soins qui comporte trois branches. Chacune d’entre elle est indépendante l’une de l’autre. La description ci-dessous est tiré de l’étude des Warlpiri (Northern Territories) par le Dr Dayakan Devanesen pour le symposium internation des médecines traditionnelles en 2000.

La première branche de la médecine Walpiri est le Ngangkayi, qui est pratiquée exclusivement par des hommes haut placés. Ce sont des guérisseurs, qui soignent leurs patients grâce à des incantations ou des chants, des massages et des manipulations.

La deuxième branche est le Yawulyu, pratiqué uniquement par des femmes, qui consistent en des chants et des dessins sur la personne malade, ainsi que des massages avec des huiles essentielles de plantes locales. Ce rituel est utilisé également pendant l’accouchement pour aider le travail.

La troisième et dernière branche est l’utilisation de plantes médicinales (phytothérapie) pratiquée par un homme ou une femme spécialiste en botanique. Ces plantes sont utilisées symptomatiquement ou non, en application locale ou par voie orale.

La culture aborigène a également une grande partie de médecine préventive, avec des principes variés allant d’une bonne alimentation au respect d’autrui et des rites sacrés, en passant par un bon équilibre mental et psychologique.

La documentation sur les origines du massage dans d’autres pays est plus difficile à obtenir. Certains documents donnent l’origine de la réflexologie plantaire (massage des pieds) aux Incas d’Amérique du Sud, l’aromathérapie à l’Egypte Ancienne…

Dans toutes les cultures, il y a des traces de soins manuelles donnés professionnellement ou non, dans toutes les classes sociales, et à tout âge.

Aujourd’hui, la médecine cartésienne basée sur les preuves et dite « occidentale » découpe les patients en systèmes : neurologie, gastro-entérologie, orthopédie, rhumatologie, dermatologie…Les symptômes sont séparés du patient. Le malade devient « une sciatique », « une hépatite », « un cancer généralisé » ou encore un « séropositif », soit un diagnostique et non plus une personne.

Lorsqu’une maladie concerne plusieurs systèmes, il devient difficile pour les spécialistes de gérer le malade, qui ne rentre pas dans des cases définies. Les médicaments donnés par les différents spécialistes interagissent souvent, et la redondance dans les ordonnances est grande. De plus en plus de patients « découpés » ne trouvent pas satisfaction dans ce système de santé qui ne les écoute pas, qui ne les considère pas comme une entité mais bien une somme d’organes, de maladies, de symptômes…

La kinésithérapie est une adaptation de la thérapie manuelle qui a su appliquer la « compartimentalisation » du corps humain. La jambe droite cassée et plâtrée ? Allons voir un kiné pour la rééducation de cette jambe droite une fois le plâtre enlevé. Aucune attention ne sera donnée à la jambe gauche, qui a dû supporter le poids du corps ; aux épaules qui ont souffert à cause des béquilles ; au dos qui s’est voûté à cause de la posture ; au bassin qui est devenu asymétrique.

Le travail du kiné est important, la rééducation est primordiale. Malheureusement, dans la façons dont elle est pratiquée aujourd’hui (rapport temps et qualité du soin) elle n’apporte pas le bien-être recherché par les patients.

Une approche globale (ou holistique) considère la personne dans son ensemble : sa personnalité, ses aspirations, sa profession, sa classe socioprofessionnelle, sa famille, son enfance, ses loisirs, ainsi que ses diverses maladies (présentes et passées), ses symptômes, ses angoisses, et ce qu’elle attend du traitement.

C’est pourquoi les soins appelés « alternatifs ou complémentaires » sont en vogue particulièrement en ce moment. Il y une demande de prise en charge complète, même si celle-ci a un coût pour le patient. L’ostéopathie fait partie de cette médecine complémentaire, particulièrement « à la mode » depuis 2002, date de la légalisation de l’ostéopathie (considérée comme pratique illégale de la médecine jusqu’à cette date). La France n’a pas terminé son travail de législation, les décrets sont déplorables (manque de précision) et les établissements de formation de mauvaise qualité se développent à la vitesse de la lumière. Le problème? Les ostéopathes mal formés et les patients complètement perdus!

À propos de marjolainedey

Marjolaine Dey, Ostéopathe DO diplômée du British College of Osteopathic Medicine, Université de Westminster, Royaume-Uni. Clinique - cabinet d'ostéopathie à Fontainebleau-Avon (77) et enseignante au Centre Européen d'Enseignement Supérieur de l'Ostéopathie. Enseignement - Enseignante - techniques structurelles, méthodologie de la recherche au CEESO Paris. Recherche - traduction et vulgarisation des textes de recherche publiés en anglais, afin d'aider la diffusion des informations en France Marjolaine cultive un intérêt particulier pour les thérapies manuelles traditionnelles à travers le monde, notamment Asiatiques, étudiées au cours de ses voyages.

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